Histoire

L'histoire du Burkina Faso peut se scinder en trois grandes périodes :
la période pré-coloniale, la période coloniale et la période post coloniale.

a. La période pré-coloniale

Très peu d'écrits relatent la période pré-coloniale. Cette non-existence de traces est due à l'importance de la tradition orale et au peu de maîtrise de l'écriture.
Le passé est plutôt fait d'histoires souvent indépendantes des 65 ethnies qui constituent le Burkina.
Cependant, une ethnie a principalement marqué ce pays : celle des Mossis ou Moose.
Les Mossis ont été à l'origine de plusieurs royaumes importants dont le royaume de Ouagadougou. Ce dernier est devenu vassal du Songhaï au XVème siècle. Le peuple Songhaï, originaire du Nigeria, s'était converti à l'Islam vers l'an 1000. Les Arabes, commerçants et expansionnistes, ayant tracé plusieurs routes commerciales (pistes de caravanes), traversaient de nombreux pays africains. C'est cette période qui explique la présence arabe, la place de la religion musulmane et donc, plus tard, la présence d'écoles coraniques au Burkina. Au XVIème siècle, le royaume de Ouagadougou a repris son autonomie.
Ce sont les Mossis qui à l'époque déjà avaient les formations politiques les plus stables du domaine soudanien. À la fin de la période pré coloniale, la population des royaumes Mossis dépassait largement le million d'habitants.

 

b. La période coloniale

« En 1880, à peine un dixième de l'Afrique était vaguement occupée par les Européens.
En vingt ans, tout le reste va être pris. On prend parce que l'on pense en avoir besoin pour protéger des prises antérieures ; puis on prend parce que c'est à la portée de la main ; puis on prend pour devancer les voisins ; on finit par prendre pour prendre, comme en temps de pénurie, parce que « cela pourra toujours servir », ne serait-ce que comme monnaie d'échange (...) ».

(Extrait de l'historien et homme politique, Joseph Ki-Zerbo, «le Professeur» comme on l'appelle au Burkina Faso)


En 1896 commence la conquête française du pays Mossi. La France a continué à coloniser les différents territoires qui constituent l'actuel Burkina ; et elle a rencontré parfois des résistances farouches. La conquête a été directement suivie par l'occupation.
Les pays colonisés sont devenus tout d'abord territoire militaire, ensuite, membre de la colonie du Haut Sénégal-Niger, comprenant le Mali, une partie de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Niger actuel. En 1920, la colonie du Haut Sénégal-Niger devient le Soudan français après que la Haute-Volta (aujourd'hui Burkina Faso) en eut été détachée en 1919.

En 1932, la colonie de la Haute-Volta est supprimée et partagée entre la Côte d'Ivoire, le Soudan (Mali) et le Niger, mais cela ne dure pas longtemps. En 1947, la colonie de la Haute-Volta est reconstituée. Maurice Yameogo, premier président de la république de Haute-Volta, proclame son indépendance en 1960.

Cette période coloniale influera directement sur l'enseignement burkinabè. Elle explique l'importance prise par le français, langue lointaine imposée par les colons français. Elle explique également le fonctionnement officiel des écoles classiques burkinabè.

 

c. La période post coloniale

En 1960, Maurice Yameogo est au pouvoir. Il instaure un régime de parti unique. Les mesures d'austérité prises par ce gouvernement provoquent un soulèvement populaire. En 1966, le Colonel Sangoulé Lamizana, bénéficiant de la confiance de la population, prend le pouvoir. En 1970 a lieu la Promulgation d'une Constitution instaurant l'élection du président au suffrage universel pour quatre ans et garantissant le multipartisme. Mais en 1974, l'armée reprend le pouvoir, annonçant le retour au régime du parti unique. Trois ans plus tard, c'est la chute du gouvernement militaire. Le nouveau pouvoir établit une nouvelle convention pour restaurer le multipartisme (qui se limite aux trois partis principaux).  En 1978, le général Lamizana est élu à la Présidence de la République.

Deux ans après son élection, un coup d'état militaire porte au pouvoir le colonel Saye Zerbo. En 1982, Zerbo est renversé par de jeunes officiers. Le nouveau gouvernement militaire est dirigé par le capitaine Thomas Sankara, tandis que le médecin-commandant Jean-Baptiste Ouedraogo devient président du pays. En 1983, Thomas Sankara le remplace à la présidence.

Le 4 août 1984, la Haute-Volta est rebaptisée Burkina Faso, ce qui veut dire : « Pays des Hommes Intègres ».
Grâce à sa révolution, Sankara est en grande partie demeuré, dans l'esprit des Burkinabès, une figure héroïque, représentant un idéal d'émancipation nationale et de progrès.

Il sera évincé puis assassiné lors d'un putsch en 1987 ui porte à la direction du pays le numéro deux du régime, le capitaine Blaise Compaoré. Élu au suffrage universel, c'est avec lui que naît la nouvelle république du Burkina Faso.

(Les atlas jeune Afrique Atlas du Burkina Faso,2001, éd J.A, 4e édition, pp. 23-24-25
Burkina Faso son histoire, Emile Lejeune, 1995, éd solidarité socialiste, pp. 46)