Enseignement

 

A. Tradition orale

femme_marcheLa tradition orale représente l'ensemble des informations qu'une société juge essentielles, retient et codifie, principalement sous forme orale, afin d'en faciliter la mémorisation. Elle en assure la diffusion aux générations présentes et à venir.
Elle fait appel à de nombreuses dimensions de l'homme, dont la raison, l'intelligence et la spiritualité ; elle manifeste sa volonté de demeurer dans la durée.

Marginalisée dans les sociétés à longue tradition écrite, elle a continué à être vivante dans les sociétés sans écriture, ou au sein de celles qui ont peu développé la notation écrite.  C'est ainsi qu'au Burkina Faso, pays dont toute la population n'est pas scolarisée, la tradition orale reste bien présente.

(International Federation of Library Associations and Institutions)



B. Écoles coraniques

Les écoles coraniques sont très présentes au Burkina Faso. Elles sont de plus en plus nombreuses, en raison de leur financement par des pays extérieurs (Arabie Saoudite, Libye, etc.). Considérées comme étant une structure traditionnelle éducative, les écoles coraniques ont toutes le même objectif : la propagation et l'approfondissement de la foi musulmane.

On peut considérer que l'école coranique est une structure religieuse-éducative très importante dans les sociétés islamisées. Jusqu'à ce jour, elle a été le pilier du système éducatif, souvent le principal moyen de scolarisation et d'éducation destinée à former un « bon musulman ».

Lorsque l'on parle d'école coranique, la notion même d'« école » pose problème. En effet, il n'existe aucune structure centralisée qui coordonne l'enseignement des différentes écoles et il n'y a pas non plus d'édifices publics qui logent les « écoles ». Il s'agit d'un enseignement qui relève plus de la société civile que de l'Etat. Il est dispensé dans des lieux privés (la maison du maître, le cœur du village, etc.).

Dans ces écoles, on observe généralement cinq cycles d'apprentissage :

  1. Le premier assure la formation de base : on y apprend quelques sourates (1 à 5) obligatoires pour tous les membres, dès l'âge de six à sept ans.
  2. Au cours du deuxième cycle, l'élève apprend par cœur tout le texte du Coran, c'est-à-dire qu'il doit être capable de restituer de mémoire toutes les sourates de la première à la dernière, y compris à l'envers.
  3. Le troisième cycle est consacré à la traduction et aux commentaires du Coran. À la fin de celui-ci, l'élève doit avoir une compréhension du Coran et peut en découvrir la signification.
  4. Au quatrième cycle, les élèves étudient la littérature arabo-islamique et certaines disciplines telles que le droit, l'économie, la sociologie, l'histoire, même si l'interprétation et la traduction sont toujours du ressort du maître qui donne à tout texte un caractère religieux.
  5. Le cinquième cycle est réservé à ceux qui désirent poursuivre leurs études et il est consacré à la découverte des grandes métropoles de la civilisation islamique (Le Caire, La Mecque, Médine, Fez etc.) : l'étudiant est alors obligé d'abandonner sa famille et son milieu pour émigrer et se rendre dans différentes universités islamiques pour une période qui généralement n'est pas inférieure à 10 année.

(Kanvaly Fadiga 1988 , pp.164-169)

L'école coranique base son enseignement essentiellement sur le Coran et ne prépare pas à un métier ni à un rôle. Selon certains maîtres d'écoles coraniques, c'est justement par la mendicité que l'élève peut expérimenter les valeurs morales et sociales telles que la pitié, la solidarité, l'entraide, etc.

L'école coranique a pour but de préparer les enfants à être des croyants.
Elle leur apprend certaines valeurs telles que l'obéissance, le respect, la soumission, le sens de la hiérarchie sociale.
Dans l'école coranique, l'oral et l'écrit tournent autour de l'apprentissage du Coran (l'écrit se borne à la calligraphie des sourates).

 

C. Les écoles bilingues

La loi n° 013/96/ADP portant loi d'orientation de l'éducation souligne que "le français et les langues nationales sont les langues d'enseignement".

D'autres langues sont utilisées comme disciplines d'enseignement.

gossesLa plupart des tentatives pour introduire les langues nationales dans l'enseignement ont presque toutes échoué. Quand il s'agit d'enseignement dans une quelconque des langues nationales, on parle d'alphabétisation. Mais par contre, pour le français, on parle de scolarisation. C'est pour cela que bien souvent, seul le français est enseigné tant au primaire qu'au secondaire.

Au primaire, dans les écoles publiques, aucune autre langue étrangère en dehors du français n'est enseignée. Dans le privé par contre, on rencontre des écoles primaires, qui, en plus du français, enseignent l'anglais aux enfants. Au secondaire par contre, d'autres langues font leur apparition : l'anglais, l'allemand ou l'arabe (principalement pour les musulmans dans les écoles franco-arabes).

Les petits Burkinabès qui étudient en français rencontrent parfois des difficultés. En arrivant à l'école, ils doivent apprendre à parler une langue, à l'écrire et à la lire en même temps qu'elle leur sert d'instrument pour apprendre d'autres disciplines comme le calcul, les sciences, etc. alors que chez eux, ils parlent la langue de leur ethnie.

C'est pourquoi, au Burkina, certaines écoles utilisent les langues nationales comme langue d'enseignement avec le français. L'éducation bilingue (français-langues nationales) a été mise au point par le ministère en charge de l'enseignement de base en 1994, cela, avec l'Oeuvre Suisse d'entraide ouvrière (OSEO).

L'école bilingue est une école de cinq ans de cycle scolaire, au lieu de six ans pour l'école classique. A l'école bilingue, la langue maternelle de l'élève est utilisée dès la première année dans une proportion de 90%, contre 10% pour le français. Le français prend de l'ampleur au fur et à mesure des années pour, en fin de compte, constituer 90% des activités pédagogiques de la cinquième année, contre 10% pour la langue nationale.
L'école bilingue a comme atout majeur de tenir compte du milieu culturel de l'élève.

D'ailleurs, elle prend de plus en plus d'importance (tout en étant encore minoritaire). Alors qu'on ne comptait que 2 classes bilingues en 1994, en 2004, cet enseignement concerne près de 44 écoles.

(sources :
0SEO : Œuvre suisse d'entraide ouvrière
Brochure du Xème sommet de la francophonie de Ouagadougou 2004)


D. Les écoles classiques

1. Influence française

L'influence française est très nette dans les écoles publiques et privées. On retrouve la marque de la France par l'usage de la langue française dans la plupart des établissements scolaires et par la structure de l'enseignement primaire qui est la même qu'en France.


2. Structure de l'enseignement

Dès l'âge de 3 ans et jusqu'à 6 ans, l'enfant burkinabè peut se présenter à la maternelle. Cependant, dans la plupart des systèmes éducatifs d'Afrique, l'enseignement préscolaire n'occupe encore qu'une place tout à fait marginale. Les taux bruts de pré-scolarisation ont doublé entre 1989 et 1998 passant de 0,42 à 1,18, mais ils restent tout de même très faibles. Les enfants les plus concernés par cet enseignement sont les enfants des fonctionnaires.

Or, les effets positifs de l'enseignement préscolaire sur la réussite scolaire des élèves et même, à plus long terme, sur leur devenir professionnel et social est évident.

1e_primaireVers 6 ans, l'enfant entre à l'école primaire. Le primaire est structuré en trois niveaux (cours) de deux divisions. :  il y a le CP ou cours préparatoires (1 et 2), le CE ou cours élémentaires (1 et 2) et ensuite le CM qui sont les cours moyens (1 et 2).

Après ses primaires, l'élève entre à l'école secondaire s'il réussit le concours pour y entrer.

 

 

 

 

 

 

Le secondaire est divisé en deux cycles. Le premier accueille les enfants de la 6ème à la 4ème.
En fin de quatrième, l'enfant passe un examen pour obtenir le BEPC (le brevet d'étude du premier cycle).

Le deuxième cycle concerne les étudiants de troisième, de seconde et de terminale.

L'examen final du terminal auquel ils seront confrontés s'appelle le BAC.

Par la suite, si l'étudiant a la possibilité de continuer ses études, il peut s'inscrire à l'université ou dans l'enseignement supérieur.
L'accès au secondaire, à l'enseignement universitaire et supérieur est limité. Cette limite est mise par les concours qui donnent accès aux étudiants aux écoles et aussi également par les minervals trop élevés pour la population.

3. Obligation scolaire

En raison de la Loi n° 013/96 /ADP, portant loi d'orientation de l'éducation, la politique éducative au Burkina s'appuie sur les fondements suivants :
• L'Éducation est une priorité nationale.
• Tout citoyen a droit à l'éducation sans distinction de sexe, d'origine sociale, de race ou de religion.
• L'obligation scolaire couvre la période d'âge de 6 à 16 ans.
• Aucun enfant ne doit être exclu du système avant 16 ans révolus tant que les possibilités d'accueil le permettent.
• L'enseignement public est laïc.
• L'enseignement privé est reconnu et fonctionne dans le cadre d'une réglementation.
• Les langues d'enseignement sont le français et les langues nationales.
• D'autres langues sont utilisées comme disciplines d'enseignement.1

Selon la loi, donc, il y a une obligation scolaire et de façon tout à fait gratuite. Mais la réalité est tout autre. En effet, le coût de l'école, l'inadaptation culturelle constituent, parmi d'autres, autant de freins à la scolarisation des enfants.