Obstacles à la scolarisation
Il y a plusieurs raisons qui expliquent que tous les enfants ne sont pas scolarisés au Burkina. Ils doivent faire face à plusieurs obstacles majeurs, dont notamment l'insuffisance des structures d'accueil. En effet, les infrastructures scolaires ont évolué à un rythme de 9,45% entre 1983 et 1993 alors que celui de la croissance des effectifs scolaires était de 10%. Le pays comptait en 1993 2.956 écoles et 10.254 classes dont 2.764 écoles publiques totalisant 9.400 classes.
S'ajoute à cet obstacle l'incapacité qu'ont les autorités de payer les salaires des enseignants et du personnel d'encadrement.
Et ce n'est pas tout. Le coût élevé de la scolarisation pour les parents d'élèves en décourage plus d'un à inscrire les enfants. Le taux de croissance élevé de la population n'est pas non plus étranger au problème. Les familles devraient envoyer cinq, six enfants à l'école, ce qui est financièrement impossible. Les longues distances que les élèves doivent parcourir pour aller à l'école sont également un frein à la scolarisation. La distance moyenne parcourue à pied par les élèves est de 5,8 km (selon une étude menée en 1993), mais elle atteint 10 km dans certaines provinces (celles du Nord et de l'Est).
Parfois, certains enfants font preuve de désintérêt pour l'école. La faible efficacité interne est une caractéristique notable du système éducatif : en 1992 - 1993, les taux de redoublement variaient de 12% au CP1 à 46% au CM2, soit au total 93.606 redoublants du public et du privé occupant 1.560 salles de classe et autant de maîtres ; le taux d'abandon était de 6,3% en 1993 ; le taux de réussite à l'examen de fin d'études du primaire s'élevait à 59,38%.
Il faut noter aussi l'insuffisance des manuels scolaires au niveau des enfants (30% n'ont pas de livres de lecture et 70% de livres de calcul) et la quasi-inexistence du matériel didactique dans les classes.
Et, pour terminer, la situation sanitaire observée chez les enfants peut influencer la fréquentation des cours par ces derniers. Lors d'une étude menée chez les enfants de 5 à 10 ans, on a noté que 26 à 56% souffraient de malnutrition (aiguë ou chronique) et que 90% étaient parasités.
Répartition géographique des écoles dans les villes et villages.
a. Dans les villages
Le taux de fréquentation scolaire est assez faible dans les villages (environ 25% des enfants vont à l'école).
Il y a plusieurs raisons à cela. Comme l'État n'a pas les moyens de doter tous les villages d'écoles, elles y sont rares.
De plus, certaines populations villageoises considèrent l'école comme moins importante que les cultures, donc les enfants travaillent aux champs, mais ne sont pas instruits.
Pour terminer, particulièrement dans les villages, le coût de la scolarisation est très élevé pour la population villageoise qui n'a pas ou peu de revenus.
b. Dans les villes
Le taux de scolarisation en ville est plus élevé, il se situe entre 70-80% des enfants.
Les raisons à cela sont les suivantes :
- le nombre d'enfants est plus important, vu la forte concentration d'habitants.
- la population urbaine est plus ouverte d'esprit et est consciente que l'école est essentielle à un mieux-être personnel et au développement du pays.

