L'expérience de Julie
Un extrait du carnet de Julie Dall'Arche, publié sur le site de Fourmis.Terre :
"20 juillet 2007 : Grande journée d'accueil à l'école. Nous faisons le trajet à pied. La chaleur me semble tout à fait supportable. Arrivés là bas, les événements s'enchaînent : Pierre nous explique qui nous allons rencontrer (comité des parents, des mamans, familles des enfants parrainés...)
Nous visitons l'infirmerie créée il y a peu, les enfants sont là. Je parraine deux enfants à Somdé depuis 3 ans. Je tente de les apercevoir mais comment les reconnaitre parmi tous ces petits visages ? Les mamans dansent pour nous. Je m'y mets un peu avec d'autres filles du groupe... Pas évident ! La bonne humeur est là. C'est jour de fête.
Sous l'auvent, la délégation s'assied face aux familles et aux enfants. Discours traduits en mooré car tout le monde ne comprend pas le français. Beaucoup de merci.
Les familles des enfants parrainés nous offrent des arachides et même de nombreux poulets ce qui est un véritable sacrifice pour eux. Je suis très émue. A l'appel de son nom, Véronique, ma filleule, crie "présente". C'est le premier regard, le premier sourire par delà la foule, nous nous retrouverons plus tard.
Nous allons d'abord poser symboliquement la première pierre du chantier. Ensuite on nous offre à manger. Poulet, riz, sauce et brochette de...chèvre ? Dé-li-cieux.
Enfin chacun fait ce qu'il veut: qui démarre un match de foot avec les enfants, qui va visiter le chantier... Pour ma part je me laisse approcher par Véronique, sa soeur Marceline, son petit frère... bientot elle ne me quitte plus, je la présente aux autres "Nassara" (les blancs), elle me présente aux enfants. Je lui offre les petits cadeux amenés pour elle, pour sa soeur que ma maman parraine...
Cette enfant, si sérieuse sur les photos reçue depuis trois ans, devient une vraie enfant, les yeux rieurs...
La journée passera vite et lorsque nous partons, ils feront un bout de chemin avec nous avant de rejoindre leur maison ("tu vois c'est cette maison là!"). De mon autre filleul, fort impressionné, je n'ai pas eu un mot. Le papa m'a dit merci tant de fois...
Je suis heureuse de les avoir rencontrés, l'un et l'autre. Heureuse de voir que mes misérables 10 euros par mois font vivre ces enfants, font que Véronique parle et écrit le français, qu'ils ne sont pas une charge pour leurs parents, pour la famille qui les recueille...
Cette école que j'ai tant vue en photos, je crois la connaître... Ce pays, je le découvre, mais je sens que je l'aime déjà.
Cette expérience a été pour moi plus qu’enrichissante.
J’avais déjà confiance en Pierre [Sawadogo, le directeur].
Confiance en sa façon de gérer l’école et l’argent que nous lui envoyons. Mais désormais, j’ai vu à quel point cet homme vit pour son école, combien il lui serait facile de ne pas "s’encombrer " des parrainages qui lui demandent aussi tant de travail et combien il le fait pour permettre aux enfants d’avoir la chance de s’asseoir un jour sur un banc et de savoir écrire. Ecrire son nom, parler français.
Je suis, aujourd’hui plus encore, persuadée du bien fondé des parrainages et de leur utilité au jour le jour. Nous sommes d’ailleurs allés (avec Rita, Nadine et Emile d’Enfants du Monde) à Retrouvailles (à Liège) pour faire connaître les parrainages.
Le secondaire est un grand et beau projet. Il avance, mais nous n’oublions bien sûr pas de faire tourner le primaire. Comme Françoise [Minor] vous en a déjà parlé un local administratif est indispensable pour le secondaire ; il faut aussi penser aux équipements, aux toilettes, au parking vélo des élèves, à quatre autres futures classes, sans parler du « mur d’enceinte » des 5 hectares et du matériel (bancs, tableaux, etc) du secondaire. Pierre aimerait bien sûr que cette nouvelle école ouvre ses portes en 2008-2009.
L’école grandit. Le nombre d'enfants demandeurs est toujours très important. N’hésitez pas à parler autour de vous des parrainages de Kossoghin - vous savez le sérieux qui entoure la gestion de l'école.
