Infirmerie et Malaria
Comment tout a commencé
To: Minor Traduction
Sent: Saturday, December 02, 2006 9:34 PM
Subject: Vaccins Kossoghin
Chère Françoise,
Je voudrais te parler de la vaccination contre la méningite des enfants de Kossoghin et faire une mise au point qui me parait importante.
1. Il y a eu 5 cas de méningite en 2005 pour l'école de Kossoghin (à Bobodioulasso où j'ai posé la question, ils ont eu 1 cas pour 5.000 élèves du secondaire)
2. Le paludisme, les infections, les parasitoses... sont cent fois plus fréquents et tuent 10 fois plus
3. Vacciner tous les enfants de 1ère primaire coûterait, chaque année, plus de 5.000 €. De plus, la vaccination n'est efficace que pour deux ans, vu la souche microbienne qui sévit là-bas. Il faut revacciner tous les deux ans...
Il faut donc oublier cette opération "Vacciner les enfants de Kossoghin", c'est coûteux, peu rentable et d'une efficacité limitée dans le temps.
Pour remplacer cette "opération", nous avons présenté le projet suivant à Pierre Sawadogo : Enfants du monde propose de payer le salaire d'une infirmière engagée à temps plein (environ 100 € par mois). Ce sera, de préférence, une dame d'âge mur capable de diagnostiquer une méningite, une crise de malaria, une affection pulmonaire..., de soigner une plaie, de poser une attelle etc...
Son travail de tous les jours sera de faire le tour des classes, de repérer les absents pour cause de maladie et de contacter la famille par n'importe quel moyen. D'ailleurs, tous les enfants seront informés : un enfant malade doit venir, avec un parent, se faire soigner ou diagnostiquer à l'école.
Elle aura à sa disposition une réserve de médicaments et du matériel de soins (bandes de gaze, pansements etc...) sous le contrôle du médecin que nous avons rencontré.
Il faudra enfin lui trouver un local pour soigner les enfants et aussi pour recevoir les enfants en détresse : ceux qui n'ont rien à manger, les filles agressées ou violées... L'infirmière aura également un rôle social et devra, de ce fait, avoir l'expérience de l'âge.
Tout cela peut paraître utopique, mais avec de la bonne volonté, il y a moyen d'y arriver. Je crois en tout cas que c'est la seule solution valable pour améliorer la santé des enfants de Kossoghin.
Il faut "oublier les vaccins", Pierre Sawadogo l'a bien compris.
J'aimerais bien sûr avoir ton avis sur la question : pas mal de gens ont versé de l'argent pour les vaccins il faudrait pouvoir les informer objectivement.
Toutes les nouvelles que tu donnes sont excellentes (Dexia, BASF, Julie...) C'est vraiment inespéré, ça va faire un tabac à Kossoghin.
Mille fois merci ! Amitiés,
Charles.
Réponse de Françoise Minor à Charles Navez
Je te suis à 130 à l'heure, Charles. L'idée est excellente, bien développée et si tu le veux bien, je vais reprendre ton mail pour informer les parrains et plus particulièrement ceux qui ont fait un versement.
Mais je ne vais le faire que quand j'aurai les résultats de la réunion de Pierre avec les comités des parents (qui avait lieu samedi soir) à ce propos [je t'informe dès que je sais]. Je crois aussi qu'il faut pouvoir expliquer aux parrains ce qui va être fait de leur argent dans ce contexte, donc faire le relevé des sommes envoyées au départ pour les vaccins et voir avec toi et le docteur Yago quels sont les médicaments à mettre en réserve et leur coût, voir avec Pierre combien coûterait la réalisation d'une infirmerie (je ne vois pas à première vue un local qui pourrait servir à cela à l'école telle qu'elle est maintenant), etc.
Il faudrait voir aussi combien coûte l'installation d'un lit, le matériel de base nécessaire à l'infirmière, etc. avant d'informer les parrains. Dis-moi ce que tu en penses ! Dès que j'ai de tes nouvelles, j'en parle à Pierre,
Amitiés,
Françoise
PS : dans l'immédiat, je crois que le mieux est de conserver les sommes récoltées jusqu'à ce qu'il y ait une infirmière, puis d'acheter d'abord les médicaments de base dont elle aura besoin ?
